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Quand les murs s'expriment...

  • 21 mars 2022
  • 2 min de lecture

Costah, Vhils, Hazul,... Porto a vu naître certains graffeurs parmi les plus talentueux de la génération 2000. Bien au-delà de son architecture remplie d’histoire, cette ville possède une facette bien plus moderne qu’elle ne laisse le croire. Parfois plus qu’un art, le street art participe à la vie politique de la deuxième ville du Portugal.



DU STREET SANS ART

Difficile de croire que l’art urbain n’a pas toujours été à la mode. Perçu comme du vandalisme, le fruit d’une horde de sauvage armée de leurs bombes … de peintures. À Porto, il fut même banni pendant plusieurs années. Entre 2000 et 2013, le maire en fonction a mené une lutte visant à recouvrir les tags et les fresques présentes dans la ville.


En réponse, les artistes locaux réalisaient de nouvelles œuvres dès qu’une d’entre-elles était effacée, avec pour mot d’ordre l’inscription Continua a pintar – continue à peindre – qui a permis de maintenir cet art urbain et d’engendrer une génération d'artistes engagés.Il faudra attendre l'élection de Rui Moreira pour que les artistes puissent développer leur art en toute “légalité”. La mairie de Porto commandera même des œuvres originales comme des fresques.


Aujourd'hui la ville recèle de superbes réalisations. À commencer par le lapin de Bordalo, un trompe l'œil géant aux multiples couleurs. Il faut bien reculer pour admirer l’animal dont le corps et la tête sont composés de déchets.Grand et discret. Le chat bleu de Porto intrigue autant qu’il fascine. Comment cet immense félin peut-il échapper à l'œil des touristes ? Sans doute une volonté de l’artiste Liqen...



VENDALES DEVENUS STARS

Dans la Rua das Flores, ce n’est pas la couleur qui manque. Chaque entrée de commerce a droit à son graffiti personnel sur ses boîtiers électriques. Entre deux, on peut reconnaître les personnages colorés de Ciriacosir, artiste urbain portugais, relayant au passage son compte instagram.


De nombreux artistes ont trouvé à Porto l'inspiration qu'ils cherchaient pour leurs œuvres. C’est le cas de mrdheo. Habitué aux partenariats avec de grandes marques internationales comme Adidas ou Fiat, c’est la mairie qui est venue chercher l’artiste. Une immense fresque se tient dans le centre dont le but ultime est d'encourager les graffeurs à sortir de l'ombre. Le graff illustre un homme, une bombe à la main, fixant les spectateurs, comme si son acte était finalement accepté. Du génie à l'état pur.



Si l’on devait retenir quelques noms de la scène artistique, ce serait les rois du street art de Porto : Costah, le tatoueur-grapheur, Hazul, la légende du graph et enfin Padure, le militant adepte des critiques sociales. Tandis que le premier a fait des rues de Porto son terrain de jeu, le second, qui laisse deviner sa couleur favorite, se révèle un véritable expert de l'abstrait en reprenant les formes de ses précédentes oeuvres. Quant au troisième, il habille joliment les murs de la ville avec ses graphes aussi percutants que poignants.


Agathe Abélard.


 
 
 

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