« Debout les femmes ! » : un film de François Ruffin, par et pour les femmes
- 21 mars 2022
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 1 mai 2022

Le mercredi 29 septembre, aux alentours de 20 heures devant Le Concorde à Nantes, la foule de trépigne d'impatience. François Ruffin doit arriver d'une minute à l'autre pour échanger au sujet de son dernier film, « Debout les femmes ! ». Le député n'a pas attendu qu'on lui tende le micro pour répondre aux spectateurs. Au loin, un petit groupe revient d'un meeting improvisé sur la place Zola. Au coeur de cette effervescence, François Ruffin. Oubliez le costard-cravate, l'homme se présente en baskets et jean de tous les jours : comme pour réduire un peu plus la distance entre la sphère politique et le peuple.
« On ne trouve plus personne dans le médico-social, on est à la ramasse ! Que fait-on pour trouver des soignants et des aides à domicile ? ». Pendant près d'une demie-heure, les questions se succèdent, et le réalisateur ne se fait pas prier pour y répondre. De toute évidence, François Ruffin est bel et bien présent pour échanger avec les spectareurs. Les minutes défilent et il est temps de laisser place à la deuxième séance, mais les sollicitations ne s'arrêtent pas pour autant.
« Aujourd’hui, tout ce qui est populaire est condamné à être précaire »
À l'extérieur, le réalisateur sensible à la cause des femmes est remercié chaleureusement par une dizaine d’entre elles. L'agitation générale contraste avec le calme dont il fait preuve. Entre deux sollicitations, nous parvenons à capter son attention. François Ruffin, attentif à notre demande, nous propose de nous mettre à l'écart pour répondre à nos questions :
Comment expliquez- vous que ces métiers destinés à prendre soin de la population sont encore majoritairement occupés par des femmes ?
François Ruffin : D’une part, ça fait des siècles qu’elles s’occupent des enfants, des malades, des seniors... à domicile. C’est comme si c’était non pas une qualification ou une compétence professionnelle mais une espèce de vocation. C’est comme si l’inconscient de la société se disait « Elles sont payées pour faire ça, elles ne vont pas nous embêter en plus ! » . Ces métiers, si ils sont mal payés, c’est parce que sont des métiers populaires, selon moi. Aujourd’hui, tout ce qui est populaire est condamné à être précaire.
En 2017, vous interpellez la ministre de la Santé Agnès Buzyn sur le silence du gouvernement concernant les conditions de travail en Ephad. Cela a t-il été un élément déclencheur pour ce projet ?
Non cen’était pas un projet à cette époque-là. J’ai relu cette intervention il y a peu. J’avais interpellé au sujet des hôpitaux, sur les carnets de chèques et sur les risques d’un craquage général de l’hôpital public, qui s’est traduit à cause du covid. Le point de départ c’est quand j’ai obtenu l’admission parlementaire pour ma part du film, soit un an et demi plus tard, fin 2019. Je rencontre les auxiliaires de vie sociale depuis le milieu des années 2000 donc c’est un métier que je connaissais déjà avant
A l'approche des présidentielles, la France Insoumise prévoit-elle des mesures pour améliorer les conditions de travail de ces femmes ?
Iln’y a pas de doute, je vais porter le sujet dans le cadre des élections à venir et je ferai tout pour que le candidat que je soutiendrai le porte. Plus largement, mon fil conducteur c’est : ne pas abandonner la question sociale et la lier à la question écologique. C’est mon fil conducteur depuis vingt ans maintenant et je ne compte pas l’abandonner dans les mois qui viennent.
« Si vous voulez la réussite, sortez de l’ombre et du silence,
exprimez-vous ! »
Qui a choisi le titre Debout les Femmes ?
Ce sont les auxiliaires de vie sociale de Blois qui l’ont choisi. Elles étaient en grève à ce moment là et je suis allé leur proposer le film pour les encourager. Avec Gilles Perret, co-réalisateur du film, on avait trouvé un autre titre : « Les premières de corvées contre-attaquent ». J’aime bien faire de l’humour mais ces femmes voulaient un titre plus musclé. On a fait un sondage auprès des femmes qui apparaissent dans le film et elles devaient choisir entre ces deux titres et le résultat était sans appel.
Le titre n’est donc pas « Les femmes debout » mais « Debout les femmes ». Action qui mène à se montrer, agir, se révolter. Est ce que c’est la finalité du film ? Dire à ces femmes de se lever pour sortir de l’ombre ?
Si vous voulez la réussite, sortez de l’ombre et du silence, exprimez-vous !
“Debout les femmes !”, un film pour les femmes, par les femmes. Une oeuvre qui met en relief l’importance de la question sociale. « Comment faire pour que les choses changent concrètement? », demandait l’une des spectatrices du Concorde. Deux réponses à cette question, selon le député : « les urnes et la rue ». La semaine suivante, les sages-femmes de toute la France y descendaient pour défendre leurs droits.
Agathe Abélard et Margo Magny.






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