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5 bonnes raisons d'aller voir The Batman

  • 1 mai 2022
  • 3 min de lecture

Les sceptiques étaient nombreux. Sorti le 2 mars en France, le nouveau film de Matt Reeves reprend l’histoire du justicier de Gotham City, pour la neuvième fois. De quoi se demander si le génie du réalisateur a encore frappé. La réponse est oui !


Ce thriller, porté par Robert Pattinson, dépasse les 1,8 d’entrées en seulement deux semaines au box-office français. À quoi doit-on sa réussite ? Depuis le succès unanime de Joker(2019), DC s’empare d’un nouveau genre pour conter les aventures de ses personnages, qu’ils soient héros ou méchants. Et The Batman n’échappe pas à cette nouvelle règle. Ce nouveau cycle de films engagé par la maison d'édition semble satisfaire les attentes du public, qui attendent depuis 10 ans le retour du chevalier noir.


Pattinson, digne successeur

Pattinson prouve ici qu’aucun rôle ne lui résiste. Armé de ses yeux bleus glacials, l’ancien vampire de la franchise Twilight dégage toute la noirceur enfouie d’un Bruce Wayne en quête de vengeance. Cheveux longs, regard ténébreux, traits maladifs et fatigués, la prestation sans faute de Robert Pattinson efface peu à peu les traits de Christian Bale. Le Batman de Reeves est plus jeune mais ne manque pas de crédibilité. Plus authentique, plus reclus, presque asocial, le personnage fascine autant qu’il attriste. Une facette obscure, toujours à deux doigts de passer de l'autre côté de sa barrière morale. Robert Pattinson offre un jeu plus assumé qui constitue un renouveau pour le héros masqué.


Gotham, une claque visuelle

Un retour à la peur primaire du noir et aux démons qui surgissent de l’ombre. Dans cette version, Reeves a misé sur l’esthétisme. Pour cela, l’oeil de Greg Fraiser (Dune, Rogue One) est un atout. Du coucher de soleil visible depuis les grattes ciels aux allées lugubres du métro poisseux, ce directeur de photographie confronte noirceur et clair-obscur avec perfection. Gotham n’a jamais été aussi sale et aussi gangréné par le crime, faisant de cette ville mythique une nouvelle bulle à part entière.


Une BO signée Giacchino

Compositeur accompli, Micheal Giacchino (La planète des singes, Spiderman No Way Home) poursuit ses chefs d’œuvres sonores. Thriller assumé, rien ne vaut une ritournelle à quatre notes aux allures inquiétantes Very Dark Knight, morceau phare du film, enregistre déjà 3,8 millions de vues sur les réseaux sociaux. Pour accompagner la noirceur gothique de Giacchino, Reeves choisit l'air de l'Ave Maria de Schubert et pour illustrer l’intimité de Bruce, le réalisateur opte pour Nirvana et son titre Something in the way, sorti il y a 20 ans.


Un véritable polar

L’intrigue ne lâche rien. Elle maintient une forte pression dans un Gotham au bord de l’implosion, en pleine campagne pour élire le nouveau maire. Bien au-delà des bagarres et des courses- poursuites, les personnages principaux gravitent autour d’une enquête bien difficile à déceler tout en combattant la corruption. Le scénario entend installer un rythme lancinant et stressant pour le spectateur, de quoi se demander au fond de son siège si le film se terminera un jour. Pourtant, le script digne d’une série TV inflige un suspense sans relâche grâce à des découpes épisodiques, redonnant l’envie de démasquer le véritable méchant.


Un bon méchant

L’ennemi vient de partout. Bruce et ses compagnons combattent en parallèle des vagabonds voleurs et des mafieux indétrônables, un danger bien plus grand et plus vicieux. Le sphinx. Un mystère à lui tout seul, qui lui vaut 2 heures et 45 minutes pour découvrir son plan d’attaque et ses idées cruelles. Interprété par l’excellent Paul Dano, le personnage est l’un des personnages les plus troublants de Batman. Un véritable psychopathe dont les intentions sont aussi sordides qu’ingénieusement mises en action. Le cryptogramme est son bébé et son mantra pour devenir l’un des pires criminels en série que Gotham aura vu naître.


En plus d’un méchant qui fait peur et d’un Batman presque déchu, le casting cinq étoiles de Reeves permet aux deux protagonistes de passer le relai, en toute confiance. Jeffrey Wright en Jim Gordon, dont le jeu est exemplaire apporte une touche d’humour et Zoë Kravitz transformée en Cat-Woman, qui n'est autre que le double de Batman, aussi sensible que redoutable. Lourde était la tâche de réinventer des personnages tout en ne s’écartant pas de ce qui nous a déjà été donné de voir depuis les comics jusqu’au cinéma. Un pari réussi !


Agathe Abélard.

 
 
 

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