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Acedero, le village de la désolation

  • 21 mars 2022
  • 2 min de lecture

Peine à croire que ce village existe. Niché dans les montagnes tout près de la frontière espagnole, Acedero émerge.


Il faut observer longuement avant de trouver le chemin qui mène à ces ruines. Se frayer une route quasi inexistante, comme si nulle civilisation n’avait été établie. Et pourtant, des tuiles, des murs, des fenêtres ou du moins ce qu'il en reste.


Un calme absolu a pris possession du village. Les quelques rayons du soleil qui réussissent à percer ajoutent un peu de gaieté dans ce décor froid et désert. Les falaises retrouvent peu à peu leur couleur sablée d'antan. La terre ferme quant à elle n’a pas les mêmes privilèges. Craquelée et boueuse, elle ne se remet pas de ces années passées sous l’eau.


La traversée du village ne se fait pas sans encombre. Morceaux de bois, tuiles cassées, briques arrachées sont semées un peu partout. Comme si une guerre avait sévi dans le village. Des maisons sans toits ou seulement une vieille poutre en bois pour les plus robustes. Certaines habitations conservent leur intérieur avec leur cuisinière faite de briques ou bien leurs tapisseries bleues jaunies. Le verre des fenêtres reste parfois intact et les chaussures faites de cuir jonchées de boues, laissant penser au pire… La vie était bien présente.



Au loin, des volets encore en place s’ouvrent et se ferment au bon vouloir du vent d’hiver. Cachée entre deux murs délabrés, une voiture. Une Citroën ami 8. Difficile de croire que son propriétaire l’ait abandonné aux mains de la rouille. Un lit, quelque peu déformé, s’ajoute à la collection d’objets laissés sur place ainsi que les fils électriques, prouvant qu’il n’y a pas si longtemps, des familles vivaient en ces lieux.


La conservation du village est telle qu’il est difficile de ne pas penser à ces occupants d’autrefois et à leur possible réticence face à notre intrusion.Le plus ironique reste la fontaine, toujours en état de marche. Remplie d’eau par les pluies elle a retrouvé toutes ses fonctions, comme si rien ne s’était passé.



Un choc entre passé et futur s’affiche sur les murs. “Roberto”, “Emilia”, “I Love You”, “Never forget”. Gribouillis ou éloges ? Chaque ruine en est recouvert. Gribouillis ou éloges ? Comment savoir ?


Acedero retrouve peu à peu ses liens avec l’humanité. Servant d’Urbex ou de promenade touristique, les ruines ne cessent d’attirer l'œil curieux. Un espoir de voir, peut-être un jour, sa vie de village recommencer…


Agathe Abélard.


 
 
 

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