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Capucine, l’émouvante ambitieuse qui vise l’arc en ciel.

  • 21 mars 2022
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 1 mai 2022

Entrepreneuse, étudiante, militante. Trois rôles qui comblent la vie de Capucine Coudrier. À tout juste 21 ans, cette nantaise de coeur défie les injonctions sexistes et sexuelles grâce à son podcast « Ovaires the rainbow ». Quitte à braver la politique des réseaux sociaux, elle poursuit ses projets et ses prises de positions. Une jeune femme qui libère la parole de celles que l’on méconnaît. Portrait 🌈


Crédits : Agathe Abélard



Parlons des femmes…

Perfectionniste ? Elle-même le reconnaît. Mais qu’importe. Avec pour emblème un arc-en-ciel, Capucine séduit plus de mille abonnés rien que sur Instagram. En l’espace de deux ans, l’étudiante ne compte pas ses heures pour produire du contenu de qualité. Entre un podcast, des posts d’actualités et des vidéos explicatives, la jeune militante coche un maximum de cases pour diversifier sa présence sur les réseaux sociaux.


« Je suis partie du constat qu’on ne donne jamais la parole aux femmes dans notre société, encore moins sur des sujets qui les concernent, raconte Capucine. En France, les femmes représentent 41% du taux de présence sur les plateaux TV, mais elles n’ont que 36% de temps de parole. « C’était bête et j’ai donc imaginé cet espace pour les femmes où chacune pourra s’exprimer sur leur vécu ».


La volonté est son atout mais l’émotion est la clé. Du vrai. Voilà ce dont Capucine Coudrier offre à ses auditeurs tous les mois. Petite brune aux grands yeux chocolat. Naturelle sans trop parfaire. Une fille comme les autres. Une personnalité bienveillante à laquelle il semble aisé de se confier au micro.


Devant elle, des femmes victimes de violences conjugales, sexistes, sexuelles, des auteures, des militantes, des créatrices de contenus. Bouleversants, parfois libérateurs. « Ce qui est fou c’est que chacune a quelque chose d’incroyable, explique-t-elle. Je veux aussi bien proposer à des femmes qui sont assez engagées et médiatisées qu’à des femmes qui n’ont jamais pris la parole devant un micro. C’est une sorte de reconnaissance finalement. Elles peuvent se dire que ce qu’elles ont vécu c’est suffisamment important pour que je sois écoutée par d’autres personnes ».



Les faces cachées de l’arc en ciel

Leur histoire est aussi la sienne. Adolescente, Capucine subit des violences conjugales par son copain de l’époque. Un secret qu’elle révèle grâce à « Ovaires The Rainbow ». Cette confession publique se transforme alors en un sujet médiatique. La parole est délivrée. En l’espace de quelques mois, la créatrice de contenus est contactée par France 3, Télé Nantes, 20 minutes. Même Brut s’empare de son histoire. Le message de la militante ne plaît pas à tout le monde, allant jusqu’au cyber-harcèlement.


« Quand tu t’exposes à des sujets sensibles sur les réseaux sociaux, tu es forcément confrontée à des réactions négatives. Je l’ai beaucoup vu. Dans ma petite communauté, à ma petite échelle, ce sont des personnes bienveillantes qui sont déjà sensibilisées au féminisme ou qui sont militantes. Il est donc assez rare que quelqu’un tombe sur mon compte par hasard. Lorsque j’ai commencé à donner des interviews pour d’autres médias, il y a eu des commentaires haineux, me traitant de menteuse, qu’il était impossible de vivre des violences conjugales à un si jeune âge (17 ans). On est rapidement confronté à de la négativité. Il faut être préparé psychologiquement. C’est pesant parfois ».


Peu importe. Même s’il pleut abondamment, tant qu'il y a l'arc-en-ciel, il y a espoir. Capucine conserve sa détermination et enchaîne les apparitions sur son média. Si cette période fut difficile, elle en retient une nouvelle perceptive du féminisme. « Quand tu vis dans un milieu assez déconstruit, tu as l’impression que tout le monde est sensibilisé et que ce n’est pas aussi dramatique, explique-t-elle. Mais lorsque tu sors de ton cercle, tu te trouves face à des réactions et des croyances démentes. C’est là qu’on réalise qu’il reste beaucoup à faire et qu’on n’y ait pas encore ».


L’égalité des sexes n’est pas encore atteint son apogée. Comme beaucoup de jeunes de sa génération, Capucine a découvert le féminisme sur les réseaux sociaux. « Toute mon éducation féministe s’est construite grâce aux comptes militants comme Clit-Révolution, affirme Capucine. Ils m’ont nourri et m’ont permis de moi-même me lancer et à transmettre des choses à mon tour ».


Militer à sa façon, participer à la lutte pour la cause féministe sans être au centre de son projet. Un concept qui ne la quitte pas depuis le début de cette aventure. Capucine ne s’arrête pas après cette belle avancée, bien au contraire. Elle s’apprête à ajouter une nouvelle ligne à son CV, celle d’auteure. Un livre guidant les adolescents face aux thématiques de la sexualité, le tabou, la puberté, la dépression, les violences,… L’entrepreneuse espère une parution prochainement. « Ovaires The Rainbow » n’en n’est qu’à ses débuts et son ascension n’a pas de limite. Tout comme ses aspirations 🌈.


(Tu peux soutenir le podcast en suivant sa page Instagram ou Linkedin).


Agathe Abélard.

 
 
 

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